News for février 2011

Hambourg, currywurst et frikadellen

Quand j’ai quitté Berlin il y a trois jours, j’étais assez inquiet de mon séjour à Hambourg. La « Freie und Hanseatische Stadt » n’a pas bonne réputation. Les Européens, quand ils savent qu’elle existe, la voient comme une ville moche, sans intérêt, froide. Mon choix s’était porté sur Hambourg pour des raisons géographiques car je cherchais une ville que je ne connaissais pas encore, entre Berlin et Bruxelles.

En arrivant, j’ai donc été surpris: le peu d’immeubles qui sont restés debout après la deuxième guerre mondiale sont opulents, démontrant ainsi bien que la ville est également le land le plus riche d’Allemagne. L’architecture récente est incroyable: moderne, sobre, mais très convenue. La ville est « moins trash » que Berlin. Il règne à Hambourg une ambiance aseptisée, un mélange entre l’abondance de Genève (il y a également un lac) et la perfection qui transparaît de Stockholm (architecture nordique). La Reeperbanh (le plus grand « red light district » d’Europe) est un défouloir pour les gens de Hambourg.

Entre ses grattes-ciels modernes, ses multiples immeubles de brique rouge, sa fernsehturm démodée et le territoire immense sur lequel elle s’étend, Hambourg a également quelque chose de nord-américain. J’ai passablement marché et ai décidé de louer un vélo pour essayer de m’approprier l’ensemble de la ville. Une journée agréable à sortir du centre-ville pour voir les quartiers un peu plus excentrés. Hambourg possède par exemple une promenade incroyable au bord de l’Elbe d’où il est possible de voir le flou au loin des grues du port. Magnifique. Je me rends compte maintenant que j’ai pris beaucoup trop de photos: forcément, en étant seul, j’avais envie de communiquer à quelqu’un/quelque chose ce que je vivais ou voyais.

La vie est plus chère à Hambourg qu’à Berlin, de sorte que cette fois-ci, j’ai misé sur une « véritable » auberge de jeunesse, assez excentrée. J’ai logé dans un dortoir de 8 personnes. Les parcours de mes « collocs » étaient toujours aussi originaux: une médecin berlinoise en congrès, une colognoise allant voir un match de foot, un mexicain postulant dans une haute-école, une munichoise qui cherche un appartement et enfin un serial-killer en devenir. Malgré les ronflements nocturnes et les réveils qui sonnent à 7h30, l’ambiance était décontractée et j’ai pu faire plus de connaissance ici qu’à Berlin. Je ne sais jamais dans quelle mesure je dois demander le contact des personnes que je rencontre: dans le doute, je m’abstiens la plupart du temps. L’auberge de jeunesse a été envahie durant mon séjour par des écoliers allemands, puis par une troupe d’Anglais que j’ai pu entendre toute la nuit et croiser à 8h en train de boire de la bière dans le lobby.

J’ai également été pour la première fois me faire raser « à l’ancienne » chez un barbier: je me demande encore pourquoi je n’y vais jamais pensé jusqu’ici. Je vous épargne également le nombre de choses horribles que j’ai pu manger à Hambourg et à Berlin: toutes ces échoppes au milieu des rues d’où se dégage une odeur de friture, attirent toujours ma curiosité de voyageur qui n’a pas forcément envie de se poser dans un restaurant seul: entre les frikadellen, les krakauers, les curry-wursts, je suis bon public pour manger des protéines de viande allemande, jusqu’à en être écœuré.

« L’Allemagne, ça va un moment » ai-je écrit à quelqu’un hier. J’ai regretté ce message, car j’affectionne ce pays. Contrairement aux francophones ou aux anglophones d’Europe, les germanophones n’ont pas de capitale comme Paris ou Londres. C’est peut-être pour cette raison que dans une aucune ville que j’ai pu visiter, il n’y a ce type de sentiment supérieur et parfois suffisant. Plus j’y viens et plus je reste persuadé que l’Allemagne est vraiment un pays à connaître!

PS: Je mettrai tout bientôt en ligne des photos de cette première semaine sur Facebook. Je vous communiquerai le lien public pour toutes celles et ceux qui n’ont pas Facebook.

Posted: février 26th, 2011
Categories: Voyage
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L’auberge, les musées et le crémant

Je suis arrivé samedi matin dans mon auberge de jeunesse, j’ai été agréablement surpris par l’ambiance. Le lieu est chaleureux: l’Hostel se trouve dans une vieille bâtisse au sud de Mitte et aux limites Ouest de Kreuzberg. La décoration à l’intérieur est moderne et les espaces communs ont été travaillés. Le conseil de Nicholas, un ami québecois, a donc été très utile.

Ce qui est intéressant dans les auberges de jeunesse, c’est la force des clichés sur les personnes qui les fréquentent. Depuis mon arrivée, j’ai partagé ma chambre successivement avec un Australien faisant ses études à Copenhague, avec un Italien peintre qui loge momentanément ici pour des questions financières et enfin un Tchèque venant spécialement de Prague pour écouter un concert (vu ma maîtrise de la langue anglaise, je n’ai fait qu’acquiescer quand il a dit le nom du chanteur ou du groupe). J’ai également discuté avec une Allemande du Nord fan de Handball qui est en train de faire des cours de français à Berlin (!): je l’ai fait répété plusieurs fois en me disant que ma maîtrise de la langue de Goethe était en train de m’induire en erreur.

Au vu des températures hivernales (-8° hier), j’ai été un boulimique des musées depuis mon arrivée à Berlin: je me suis rendu au Musée Juif, suite à de nombreux conseils lus sur internet. Contrairement à ce que je croyais, l’Holocauste ne représentait qu’une petite partie du musée. Ma visite avec audioguide ayant duré près de 4h, je peux vous assurer que je suis désormais un spécialiste de la manière dont il faut disposer la table lors du Sabbat, de Mendelsohn, de la manière de cuisiner Kasher, etc.

Je me suis également rendu aujourd’hui au Musée de la Ex-RDA qui était réussi si on veut mieux comprendre la vie quotidienne des Allemands de l’Est de l’époque. Je ne me suis pas arrêté en si bon chemin, puisque j’ai également visité le C/O Berlin (avec entre autre une exposition photo de Mapplethorpe) ainsi que la Berlinische Galerie (art contemporain).

J’ai fini ma journée par un verre de crémant avec Olivia, ma collègue du Groupe sida Genève, qui fait actuellement un passage à Berlin. Cela restera sans doute une des rares personnes que je connais que je croiserai sur le chemin de Lisbonne.

Posted: février 21st, 2011
Categories: Voyage
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Le train, l’exposition et moi

Mon « périple » européen a commencé par un trajet tout ce qu’il y a de plus classique: ma mère qui pleure sur le quai de la gare, un ICN Genève-Bâle plein à craquer, des adolescents qui habitent à Delémont et bien entendu la parfaite et classique famille suisse-alémanique qui mange des sticks de carottes crues préalablement coupés à la maison.

La surprise est plutôt venue de mon arrivée à Bâle où je devais prendre pour la première fois un train-couchette. Autant le dire tout de suite, j’ai mal dormi: du bruit tout le temps, des arrêts fréquents, des gens dans les couloirs, etc. Alors que la plupart des gens me disaient: « c’est génial, tu vas voir, tu vas rencontrer des gens formidables dans les trains »: je suis tombé dans le même compartiment qu’une habitante de Fribourg-en-Brisgau qui, au vu de sa joie de vivre, ne devait pas faire du participatif dans le quartier Vauban. Dans la décroissance du sourire peut-être.

Ce qui était par contre beaucoup plus plaisant, ce fut l’arrivée du train à Berlin. Je me suis rendu compte que mon voyage commençait à ce moment là.

Aussi, dès mon arrivée à l’auberge de jeunesse où j’ai laissé mes bagages, je me suis rendu dans les endroits touristiques comme pour « faire ce qu’il y avait faire » dès le premier jour: la porte de Brandebourg, la coupole du Reichstag (fermée pour des raisons sécuritaires) et même deux musées. Je suis tout d’abord allé au Musée Willy Brandt qui avait une exposition spéciale sur l’identité allemande (pour se mettre dans le bain) puis au Musée de l’Histoire allemande. J’ai pu découvrir dans ce dernier une exposition provisoire incroyable sur le rapport qui existait entre Hitler et le peuple allemand et sur la manière dont il s’est construit. Je me suis dit qu’il intéresserait sans doute Emilie.

L’exposition était complète, mais ce qui m’a troublé était sans doute l’ambiance pesante qui y régnait. Il y avait énormément d’Allemandes et d’Allemands pour un samedi dans ce musée ultra-moderne. J’avais vu un reportage en Suisse qui disait que cette exposition avait brisé un tabou en Allemagne en affichant de manière si claire le Führer. L’exposition a eu un tel succès qu’elle a été prolongée d’un mois! J’étais autant fasciné par l’exposition que par les gens qui la visitaient: une grand-mère qui montrait à sa petite-fille une affiche électorale, des jeunes bobos allemands silencieux, des tatoués aux cranes rasés aux réactions suspectes, etc.

Une photo m’a touchée, elle ouvre d’ailleurs l’exposition. On y voit Hitler, légèrement illuminé par un spot, au milieu d’une foule d’Allemands qui manifestaient en 1914 à Münich. Bien que rien ne prouve qu’il s’agisse d’une vraie (le journal qui l’a publié l’a peut-être manipulée), elle est très troublante car elle résume l’essentiel de l’exposition: comment un homme si banal au début de sa vie, a pu entraîner son pays dans telles atrocités?!

Posted: février 19th, 2011
Categories: Quotidien, Voyage
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