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News for octobre 2015

Le Parti Socialiste portugais prépare une alliance inédite

1280px-Torre_Belem_(Lisboa)Le Parti Socialiste portugais, le parti communiste, les Verts et le Bloc de gauche représentent depuis les élections législatives du 4 octobre 2015 une majorité des députés à l’assemblée nationale. Ils seraient en mesure de déposer une motion de censure conjointe contre la coalition de droite actuellement au pouvoir.

Cette décision qui n’est pas encore prise, est conditionnée à ce qui serait le premier accord gouvernemental écrit (historique) entre le Parti socialiste portugais et la gauche de la gauche.

Depuis les élections du 4 octobre 2015 où la droite (PSD et CDS/PP) l’a emporté mais en y perdant sa majorité absolue, le PS a en effet été poussé par les autres partis de gauche à prendre le pouvoir… du jamais vu, dans un pays où un cordon sanitaire sépare la gauche de la gauche des autres partis politiques. Le Parti Socialiste portugais est avec son homologue espagnol l’un des plus à droite d’Europe occidentale. Ce qui sépare en général les PS et les droites ibériques, ce sont les questions de société (avortement, mariage pour tous, etc.).

Suite aux élections, le Parti Socialiste portugais a entamé des discussions avec la droite afin d’assurer à cette dernière un gouvernement stable pour ces 4 prochaines années. Ces discussions ont rapidement avorté, le PS et le PSD/PP se renvoyant la balle et s’accusant mutuellement d’être coupables de provoquer de l’instabilité.

Le Parti Socialiste qui avait commencé en parallèle des discussions avec la gauche de la gauche a été critiqué par la plupart des médias qui sont jusqu’à aller considérer que ces discussions à gauche annonçaient un véritable coup d’état et que l’électeur n’avait pas été prévenu, durant la campagne, d’une possible union post-électorale des forces de gauche.

Si ces discussions préliminaires avaient été contestées au sein de l’aile droite du PS, de nombreux députés voyant d’un mauvais œil cette alliance inédite avec la gauche de la gauche, tout a changé depuis la semaine dernier, avec le discours du Président de la République (droite) qui a finalement demandé à la droite de gouverner. Cavaco Silva, très offensif pour l’occasion, est en effet sorti de son rôle de Président et de sa traditionnelle réserve en critiquant les discussions actuelles entre le PS et la gauche de la gauche. Il est jusqu’à aller affirmer qu’en cas de motion de censure de la gauche contre la droite, il n’accepterait en aucun cas un gouvernement composé « de forces anti-européennes et anti-OTAN » qui mettraient à mal la très timide reprise économique portugais. Le Président de la République est par ailleurs dans une situation inconfortable: il a actuellement le pouvoir de nommer le chef du gouvernement mais ne peut plus convoquer de nouvelles élections d’ici la fin de son mandat (impossibilité avant 6 mois).

Le programme du gouvernement de la coalition de droite sera discuté les 9 et le 10 novembre. Le Parti Socialiste portugais, le PC, les Verts et le Bloc de gauche veulent présenter leur programme avant déposer leur motion de censure à cette occasion. Les discussions ne sont pas finies à gauche et laissent un léger espoir à la droite qui vient à peine de présenter les membres de son gouvernement.

Tout reste ouvert, mais le Portugal n’a jamais été si proche d’avoir un gouvernement PS soutenu par la gauche de la gauche. Antonio Costa arrivera-t-il à faire tomber « le rideau de fer » entre le PS et la gauche de la gauche au niveau national, comme il l’a fait à l’époque à la tête de la Mairie de Lisbonne?

Posted: octobre 29th, 2015
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Conseil des Etats: le PDC n’apprend pas de ses erreurs

affiche de campagne de l'Entente pour les élections fédérales 2015En 2007, le PDC décidait de lancer Jean-Pierre Jobin. L’ancien directeur de l’aéroport était connu des milieux politiques et économiques et semblait alors être le candidat idéal pour représenter le parti au sénat de notre pays. Peu connu des Genevois, l’échec avait alors été cuisant. Jean-Pierre Jobin avait enchaîné les gaffes et l’histoire du « pot de départ » à la retraite à 400’000 francs avait secoué la république.

En 2015, pour le Conseil des Etats toujours, le PDC écarte la candidature de la députée et ancienne présidente du parti Béatrice Hirsch au profit de Raymond Lorétan, président de la SRG SSR Idee Suisse. Le PDC est alors profondément divisé ce qui n’augure en général rien de bon avant une campagne électorale: Raymond Lorétan ayant obtenu 105 voix et Béatrice Hirsh 62. Raymond Lorétan est peu clair dès l’annonce de sa candidature: quittera-t-il la régie publique tout de suite, pendant ou après la campagne des élections fédérales? Il aura fallu de longues semaines pour que cette situation soit clarifiée.

La campagne de Raymond Lorétan, terne et lisse, a probablement plombé l’Entente au Conseil des Etats, et donc surtout les chances d’élection de son colistier.

Si la candidature de Benoit Genecand pourrait venir troubler le jeu de la gauche, il est peu probable que le candidat PDC inquiète qui ce soit. La campagne de Raymond Lorétan, terne et lisse, a probablement plombé l’Entente au Conseil des Etats, et donc surtout les chances d’élection de son colistier. Le problème que ce soit en 2007 ou en 2015, c’est que le PDC préfère choisir les hommes et femmes politiques qu’ils croisent dans les cocktails plutôt que celles et ceux qui sont sur le terrain et donc connus de la population genevoise.

Posted: octobre 16th, 2015
Categories: Politique
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