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News for the ‘Voyage’ Category

Bruxelles: la gaufre, le Sablon et des photos

Bruxelles est une ville surprenante. A mon arrivée dans la « capitale multiple », j’ai été surpris par l’inesthétique générale de la ville. Les années 60 et 70 ont fait de cette ville un endroit sans homogénéité: une tour par-ci, un bloc moderne par là, une autoroute quasiment au centre-ville. Capitale non-officielle de l’Europe, Bruxelles est assez sale, l’image inverse de ce qu’on peut attendre de ces villes « diplomatiques » qui sont devenues capitales pour des raisons politiques plutôt qu’historiques et qui cultivent souvent un côté (trop) léché.

Bruxelles se ment à elle-même. Elle se croit capitale d’une grande puissance mondiale qui pour l’heure ne l’est que sur le papier. Elle se croit capitale d’un pays, alors qu’elle est sans gouvernement depuis plus d’une année. Les Flamands la considèrent comme leur capitale, alors que moins de 15% de la population parle le flamand. La ville cultive son bilinguisme: tout y est écrit en deux langues, on entend les annonces dans les stations se faire en flamand… mais à quoi bon? Derrière cette apparence de bilinguisme, le centre de Bruxelles vit en français et ce malgré la résistance des Flamands qui l’on vu se franciser inexorablement depuis plusieurs siècles. A 1h20 de Paris en train,  ce phénomène ne va pas s’inverser.

Mon hostel était placé en plein centre-ville de Bruxelles. J’y ai fait la connaissance d’un Nicaraguayen faisant son tour d’Europe, d’une Italienne commençant un stage à la commission Européenne. J’ai eu du plaisir à visiter Bruxelles: premièrement car j’ai pu utiliser le système local de vélo en libre-service ce qui m’a permis d’avoir une bonne vue d’ensemble. Deuxièmement, car je me suis senti bien dans les quartiers bien délimités et qui conservent une ambiance bien différente les uns des autres (les antiquaires au Sablon, les bobos à Sainte-Catherine, etc). Bruxelles n’est pas belle, mais est attachante. Les Bruxellois ont de la bonhomie et du sarcasme, ce qui m’a convenu dans cette deuxième semaine de vacances. Les cafés ne manquent pas, que ce soit pour surfer un peu, pour boire un verre ou manger une pâtisserie. Moi qui n’apprécie pas la spécialement la bière, je me suis forcé à la déguster en Belgique… et cela m’a plû.

Je ne suis pas sorti beaucoup le soir à Bruxelles, uniquement pour grignoter quelque chose dans un restaurant ou encore pour faire un tour dehors et admirer la Ville la nuit (souvent à vélo).

Comme mon auberge de jeunesse était complète un soir, j’ai décidé de visiter Bruges. La ville est magnifique, incroyable. La brûme qui l’enrobait lui donnait un côté magique. Les clochers étaient flous au loin pendant que les canaux coulaient paisiblement entre des maisons en brique. Mon hostel était en revanche affreux: pour la première fois durant le voyage, j’ai tout fait pour minimiser ma présence dans cette chambre dont le sol en lino et les vieux lits étaient particulièrement repoussants. Bruges étant une petit ville, il n’existe pas beaucoup d’endroits où il est aisé de manger seul: j’ai donc mangé dans de vrais restaurants (plutôt chers d’ailleurs) et finalement, ce n’était pas si dérangeant.

En revenant à Bruxelles, je me suis arrêté quelques heures à Gand. Gand semble être une ville beaucoup plus vivante que Bruges. Moins belle. Une journée n’aurait sans doute pas été de trop dans cette ville qui a une vie nocturne étudiante enviée en Belgique. Dans ces deux escapades en Flandres, j’ai ressenti le clivage des langues car à plusieurs reprises, on n’a pas accepté de me répondre quand je parlais en français.

Pour celles et ceux qui veulent voir les premières photos de mon voyage, vous pouvez accéder à un album photo public sur facebook:

http://www.facebook.com/album.php?aid=343649&id=724450445&l=df73de56ff

Posted: mars 10th, 2011
Categories: Voyage
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Hambourg, currywurst et frikadellen

Quand j’ai quitté Berlin il y a trois jours, j’étais assez inquiet de mon séjour à Hambourg. La « Freie und Hanseatische Stadt » n’a pas bonne réputation. Les Européens, quand ils savent qu’elle existe, la voient comme une ville moche, sans intérêt, froide. Mon choix s’était porté sur Hambourg pour des raisons géographiques car je cherchais une ville que je ne connaissais pas encore, entre Berlin et Bruxelles.

En arrivant, j’ai donc été surpris: le peu d’immeubles qui sont restés debout après la deuxième guerre mondiale sont opulents, démontrant ainsi bien que la ville est également le land le plus riche d’Allemagne. L’architecture récente est incroyable: moderne, sobre, mais très convenue. La ville est « moins trash » que Berlin. Il règne à Hambourg une ambiance aseptisée, un mélange entre l’abondance de Genève (il y a également un lac) et la perfection qui transparaît de Stockholm (architecture nordique). La Reeperbanh (le plus grand « red light district » d’Europe) est un défouloir pour les gens de Hambourg.

Entre ses grattes-ciels modernes, ses multiples immeubles de brique rouge, sa fernsehturm démodée et le territoire immense sur lequel elle s’étend, Hambourg a également quelque chose de nord-américain. J’ai passablement marché et ai décidé de louer un vélo pour essayer de m’approprier l’ensemble de la ville. Une journée agréable à sortir du centre-ville pour voir les quartiers un peu plus excentrés. Hambourg possède par exemple une promenade incroyable au bord de l’Elbe d’où il est possible de voir le flou au loin des grues du port. Magnifique. Je me rends compte maintenant que j’ai pris beaucoup trop de photos: forcément, en étant seul, j’avais envie de communiquer à quelqu’un/quelque chose ce que je vivais ou voyais.

La vie est plus chère à Hambourg qu’à Berlin, de sorte que cette fois-ci, j’ai misé sur une « véritable » auberge de jeunesse, assez excentrée. J’ai logé dans un dortoir de 8 personnes. Les parcours de mes « collocs » étaient toujours aussi originaux: une médecin berlinoise en congrès, une colognoise allant voir un match de foot, un mexicain postulant dans une haute-école, une munichoise qui cherche un appartement et enfin un serial-killer en devenir. Malgré les ronflements nocturnes et les réveils qui sonnent à 7h30, l’ambiance était décontractée et j’ai pu faire plus de connaissance ici qu’à Berlin. Je ne sais jamais dans quelle mesure je dois demander le contact des personnes que je rencontre: dans le doute, je m’abstiens la plupart du temps. L’auberge de jeunesse a été envahie durant mon séjour par des écoliers allemands, puis par une troupe d’Anglais que j’ai pu entendre toute la nuit et croiser à 8h en train de boire de la bière dans le lobby.

J’ai également été pour la première fois me faire raser « à l’ancienne » chez un barbier: je me demande encore pourquoi je n’y vais jamais pensé jusqu’ici. Je vous épargne également le nombre de choses horribles que j’ai pu manger à Hambourg et à Berlin: toutes ces échoppes au milieu des rues d’où se dégage une odeur de friture, attirent toujours ma curiosité de voyageur qui n’a pas forcément envie de se poser dans un restaurant seul: entre les frikadellen, les krakauers, les curry-wursts, je suis bon public pour manger des protéines de viande allemande, jusqu’à en être écœuré.

« L’Allemagne, ça va un moment » ai-je écrit à quelqu’un hier. J’ai regretté ce message, car j’affectionne ce pays. Contrairement aux francophones ou aux anglophones d’Europe, les germanophones n’ont pas de capitale comme Paris ou Londres. C’est peut-être pour cette raison que dans une aucune ville que j’ai pu visiter, il n’y a ce type de sentiment supérieur et parfois suffisant. Plus j’y viens et plus je reste persuadé que l’Allemagne est vraiment un pays à connaître!

PS: Je mettrai tout bientôt en ligne des photos de cette première semaine sur Facebook. Je vous communiquerai le lien public pour toutes celles et ceux qui n’ont pas Facebook.

Posted: février 26th, 2011
Categories: Voyage
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L’auberge, les musées et le crémant

Je suis arrivé samedi matin dans mon auberge de jeunesse, j’ai été agréablement surpris par l’ambiance. Le lieu est chaleureux: l’Hostel se trouve dans une vieille bâtisse au sud de Mitte et aux limites Ouest de Kreuzberg. La décoration à l’intérieur est moderne et les espaces communs ont été travaillés. Le conseil de Nicholas, un ami québecois, a donc été très utile.

Ce qui est intéressant dans les auberges de jeunesse, c’est la force des clichés sur les personnes qui les fréquentent. Depuis mon arrivée, j’ai partagé ma chambre successivement avec un Australien faisant ses études à Copenhague, avec un Italien peintre qui loge momentanément ici pour des questions financières et enfin un Tchèque venant spécialement de Prague pour écouter un concert (vu ma maîtrise de la langue anglaise, je n’ai fait qu’acquiescer quand il a dit le nom du chanteur ou du groupe). J’ai également discuté avec une Allemande du Nord fan de Handball qui est en train de faire des cours de français à Berlin (!): je l’ai fait répété plusieurs fois en me disant que ma maîtrise de la langue de Goethe était en train de m’induire en erreur.

Au vu des températures hivernales (-8° hier), j’ai été un boulimique des musées depuis mon arrivée à Berlin: je me suis rendu au Musée Juif, suite à de nombreux conseils lus sur internet. Contrairement à ce que je croyais, l’Holocauste ne représentait qu’une petite partie du musée. Ma visite avec audioguide ayant duré près de 4h, je peux vous assurer que je suis désormais un spécialiste de la manière dont il faut disposer la table lors du Sabbat, de Mendelsohn, de la manière de cuisiner Kasher, etc.

Je me suis également rendu aujourd’hui au Musée de la Ex-RDA qui était réussi si on veut mieux comprendre la vie quotidienne des Allemands de l’Est de l’époque. Je ne me suis pas arrêté en si bon chemin, puisque j’ai également visité le C/O Berlin (avec entre autre une exposition photo de Mapplethorpe) ainsi que la Berlinische Galerie (art contemporain).

J’ai fini ma journée par un verre de crémant avec Olivia, ma collègue du Groupe sida Genève, qui fait actuellement un passage à Berlin. Cela restera sans doute une des rares personnes que je connais que je croiserai sur le chemin de Lisbonne.

Posted: février 21st, 2011
Categories: Voyage
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Le train, l’exposition et moi

Mon « périple » européen a commencé par un trajet tout ce qu’il y a de plus classique: ma mère qui pleure sur le quai de la gare, un ICN Genève-Bâle plein à craquer, des adolescents qui habitent à Delémont et bien entendu la parfaite et classique famille suisse-alémanique qui mange des sticks de carottes crues préalablement coupés à la maison.

La surprise est plutôt venue de mon arrivée à Bâle où je devais prendre pour la première fois un train-couchette. Autant le dire tout de suite, j’ai mal dormi: du bruit tout le temps, des arrêts fréquents, des gens dans les couloirs, etc. Alors que la plupart des gens me disaient: « c’est génial, tu vas voir, tu vas rencontrer des gens formidables dans les trains »: je suis tombé dans le même compartiment qu’une habitante de Fribourg-en-Brisgau qui, au vu de sa joie de vivre, ne devait pas faire du participatif dans le quartier Vauban. Dans la décroissance du sourire peut-être.

Ce qui était par contre beaucoup plus plaisant, ce fut l’arrivée du train à Berlin. Je me suis rendu compte que mon voyage commençait à ce moment là.

Aussi, dès mon arrivée à l’auberge de jeunesse où j’ai laissé mes bagages, je me suis rendu dans les endroits touristiques comme pour « faire ce qu’il y avait faire » dès le premier jour: la porte de Brandebourg, la coupole du Reichstag (fermée pour des raisons sécuritaires) et même deux musées. Je suis tout d’abord allé au Musée Willy Brandt qui avait une exposition spéciale sur l’identité allemande (pour se mettre dans le bain) puis au Musée de l’Histoire allemande. J’ai pu découvrir dans ce dernier une exposition provisoire incroyable sur le rapport qui existait entre Hitler et le peuple allemand et sur la manière dont il s’est construit. Je me suis dit qu’il intéresserait sans doute Emilie.

L’exposition était complète, mais ce qui m’a troublé était sans doute l’ambiance pesante qui y régnait. Il y avait énormément d’Allemandes et d’Allemands pour un samedi dans ce musée ultra-moderne. J’avais vu un reportage en Suisse qui disait que cette exposition avait brisé un tabou en Allemagne en affichant de manière si claire le Führer. L’exposition a eu un tel succès qu’elle a été prolongée d’un mois! J’étais autant fasciné par l’exposition que par les gens qui la visitaient: une grand-mère qui montrait à sa petite-fille une affiche électorale, des jeunes bobos allemands silencieux, des tatoués aux cranes rasés aux réactions suspectes, etc.

Une photo m’a touchée, elle ouvre d’ailleurs l’exposition. On y voit Hitler, légèrement illuminé par un spot, au milieu d’une foule d’Allemands qui manifestaient en 1914 à Münich. Bien que rien ne prouve qu’il s’agisse d’une vraie (le journal qui l’a publié l’a peut-être manipulée), elle est très troublante car elle résume l’essentiel de l’exposition: comment un homme si banal au début de sa vie, a pu entraîner son pays dans telles atrocités?!

Posted: février 19th, 2011
Categories: Quotidien, Voyage
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Vacances au Québec (4 et fin)

Me voici donc de retour du Québec. Comme à chaque fois, je quitte Montréal triste en me disant qu’il faudrait peut-être que j’aille y vivre.  A cette déprime post-vacances habituelle se mélange des sentiments plus terre à terre. Il semblerait que le décalage horaire Ouest vers Est soit bien pire que dans le sens inverse. Vu mon état lundi passé, je n’en doute pas.

J’ai commencé ma période d’affection de service civil , deux heures après mon arrivée à Cointrin à 8h30 du matin, et j’ai eu une séance du Forum des Sections le soir même à 20h30. J’ai été tout le début de semaine dans un état second.

Il n’empêche que j’ai envie de partager encore avec vous quelques réflexions sur le Québec.

 

Mettre de l’eau dans son vin
Le Québec n’est pas un région de vignoble. Pour des gens aussi latins que les Québecois… c’est un problème! La quasi-majorité des vins sont importés, de Californie, du Chili ou d’Europe. Ne pensez pas vous rendre dans la Coop ou la Migros locale (respectivement Provigo, Metro ou IGA) pour trouver du bon vin. Les Québecois achètent leur vin à la SAQ (Société des Alcools Québecois), une entreprise publique chargée de revendre le vin importé et de percevoir les taxes. Assez étonnant d’imaginer que ce sont des fonctionnaires qui nous conseillent sur le meilleur vin qui accompagnera telle viande ou tel poisson! Pour les plus téméraires, il sera toujours possible de se procurer du « vin de dépanneurs » dans les 24 heures mais vous serez déçus à coup sûr.

Mettre du vin dans eau
Une chose m’a particulièrement dérangée au Québec: ce verre d’eau qu’on vous sert spontanément dans chaque restaurant. Vous trouverez ma remarque étrange car un tel geste semblerait du pur miracle dans n’importe quel restaurant genevois. En fait, ce qui me dérange dans ce simple verre d’eau est la quantité monstrueuse de glaçons dedans. A cela il faut ajouter la température extérieure froide en hiver… et vous comprendrez pourquoi j’essayais à chaque fois d’enlever cette tonne de glaçon avec un peu d’eau dedans dans n’importe quel récipient concave de la table (bien entendu il n’y a plus de cendriers au Québec où l’interdiction de fumer dans les lieux publics est extrêmement bien suivie – tant mieux).

Le courant électrique
Le Québec a l’avantage d’être bien situé: une tonne de rivières parcourt la province. Les Québecois en ont profité pour construire de nombreux barrages électriques, diminuant ainsi fortement le prix de l’électricité, et finalement pour exporter le surplus vers les Etats-Unis. Comme me disait un ami québecois, il est frustrant d’économiser de l’énergie car chaque MW de moins va directement vers les Etats-Unis. Hydroquébec fait plus de 30% de son bénéfice dans l’exportation.

Posted: janvier 18th, 2008
Categories: Monde, Voyage
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