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Chut! Les étrangers ont voté (et ils vont continuer)

En allant rendre visite à mes parents, un détail posé sur la table, m’a questionné sur la démocratie semi-directe qui fait la fierté de notre pays. Ce détail, c’était leur enveloppe de vote pour les votations du 28 février.

Mes parents vivent en Ville de Genève et n’ont pas le passeport suisse. Pourtant, ils vont être appelés à voter en 2016 sur des sujets primordiaux, notamment sur la politique culturelle de la Ville de Genève. Le MAH d’abord, puis les coupes dans la culture votées par la l’Entente élargie du Conseil municipal dans un deuxième temps.

Le fait que des étrangers résidant en Suisse depuis 8 ans au moins,  puissent s’exprimer sur des sujets importants est réjouissant. Ces étrangers suivent de près la politique municipale qui les concerne directement et profitent des prestations de la Ville de Genève. Mes parents se sont intéressés à cette votation, ont suivi scrupuleusement les positions prises par les partis, en ont parfois discuté ensemble avec leurs amis dans le même cas qu’eux, s’interrogeant parfois sur l’un ou l’autre mot d’ordre.

Est révolu le temps où ces derniers recevaient des enveloppes de vote sans vraiment savoir ce qu’elles représentaient et pourquoi on les leur avait adressées. Le fait de pouvoir s’exprimer régulièrement – avec la nouveauté des 2 tours pour les exécutifs, l’année 2015 a été riche en participation civique – les a sans doute poussé à ne plus considérer au fil du temps que le vote n’était ni un cadeau offert par les Suisses, ni un droit comme un autre, mais une obligation, un signe clair de leur citoyenneté communale.

Les étrangers veulent contribuer au renforcement de notre démocratie. La question de la nationalité n’a absolument rien à voir dans ce débat. A l’inverse, faudrait-il retirer la nationalité aux Suisse qui ne participent jamais à une quelconque élection ou votation? Bien évidemment, c’est absurde. Le vote et l’expression de la volonté générale est avant tout une question de citoyenneté, sentir que l’on fait partie d’une communauté et que notre voix comptera, est un pas incroyable. C’est construire une identité commune, des projets communs, au delà de la nationalité.

Force est aussi de constater que le droit de vote municipal a été accordé et manque passablement de cohérence dans un canton comme Genève où les compétences et les sujets sont imbriqués. Les étrangers peuvent s’exprimer sur la culture au niveau municipal, mais ne peuvent pas soutenir ou s’opposer aux crédits de la Nouvelle Comédie, votée par le Grand Conseil. Les étrangers peuvent s’exprimer sur les rues piétonnes de la Ville mais ne pourront pas voter en faveur ou contre la Traversée de la Rade.

La démocratie n’est pas un concept figé qui doit rester inchangé. Il faut refonder la démocratie, la participation. Oser l’étendre et la renforcer. On le voit partout en Europe, les partis qui appellent à davantage de participation citoyenne vont de succès en succès en Europe. Plus ce concept est évolutif, plus il sera inclusif, plus il sera fort. Pourquoi ne pas accorder le droit de vote cantonal aux personnes d’origine étrangère qui vivent depuis plus de 8 ans en Suisse? Pourquoi ne pas l’accorder dès 16 ans? Pourquoi ne pas abaisser les quorums ou le nombre de signatures nécessaires pour les référendums ou initiatives populaires? Ces questions à défaut d’avoir eu des réponses dans le cadre de la Constituante genevoise, méritent un débat non figé sur la nature de la démocratie, la manière dont nous la concevons et dont nous voulons qu’elle progresse encore, ici et ailleurs.

Posted: février 27th, 2016
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Droits politiques des étrangers à Genève: comment avancer ?

Expériences dans d’autres cantons romands

Le mardi 23 février 2016 à 18h30 (Unimail – M S130)
Une table ronde organisée par l’association DPGE

Les personnes étrangères résidant à Genève depuis plus de 8 ans en Suisse ont le droit de vote au niveau communal. Les droits politiques sont restés inchangés à Genève depuis plus de dix ans, alors que ceux-ci continuent de s’étendre dans la plupart des Cantons romands.

Alors que les questions migratoires déchaînent les passions, l’association DPGE souhaite amener le sujet de l’extension des droits politiques aux étrangers résidents dans le débat public et ainsi éviter que le sujet ne soit continuellement passé aux oubliettes et mis de côté par les partis politiques. Une nouvelle mobilisation est nécessaire si l’on veut éviter que le Canton de Genève pourtant en avance sur de nombreux sujets, ne soit le canton romand où le corps électoral est le plus restrictif.

Grâce à la présence de représentants du Canton de Vaud, de Neuchâtel et du Jura (avec notamment la présence de la Conseillère aux Etats PDC, Anne Seydoux), le débat sera riche et concret!

Plus que jamais, nous vous invitons à venir participer à cette table-ronde qui risque de nous donner quelques surprises sur les avancées importantes dans les autres cantons romands!

Posted: février 13th, 2016
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Les faux constats de Hugues Hiltpold

Hugues Hiltpold, conseiller national radical, propose dans le Matin de limiter le nombre d’élèves étrangers par classe (à la moyenne cantonale). En plus de la réalisation difficile de cette proposition (faudra-t-il envoyer le surplus d’Onex et Meyrin à Satigny ou à Bellevue?), elle part de faux constats qui en définitive ne résoudront rien aux problèmatiques actuels de l’école.

1) Il est faux de stigmatiser les jeunes étrangers des quartiers populaires. Le problème relève du niveau social. Il serait faux de partir du principe qu’un enfant suisse habitant aux Palettes a les mêmes chances de réussite qu’un élève suisse de Cologny.

2) Plusieurs études le montrent, les étrangers de la deuxième génération (qui composent la majorité des jeunes enfants de notre Canton) accèdent plus à l’université que les Suisses à niveau social égal (22% contre 15%). Selon cette étude, parce que leurs parents essayent de de leur offrir une formation qu’ils n’ont eux-mêmes pas pu avoir.

3) Il suffit de voir les jeunes parler entre eux ou le langage des sms, du cycle du Marais (Onex) ou de Bois-Caran (Collong-Bellerive), pour se rendre compte que la langue française se détériore un peu partout. Ce n’est donc pas la proportion d’étrangers qui en est la cause.

Il faudrait plutôt donner à l’école publique les moyens dont elle a besoin pour faire face à ses nouveaux défis. Moins de back office, plus de professeurs spécialisés, de plus petites classes, pouvoir déplacer plus facilement les élèves problématiques vers de nouvelles écoles de soutien scolaire (à créer), permettre aux jeunes qui ne sont pas à l’aise avec l’école d’accéder plus facilement à des apprentissages sont à mon avis des solutions qui mériteraient d’être davantage développées.

Posted: mai 25th, 2008
Categories: Genève, Politique, Suisse
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