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Péninsule ibérique: un système de partis bouleversé

En l’espace de quelques mois, le système de partis s’est entièrement recomposé dans la péninsule ibérique. L’Espagne, le Portugal et Andorre (la Principauté souvent oubliée quand on parle de la péninsule) représentent au sein de l’Europe un bloc culturellement proche, un marché intégré économiquement et avec près de 55 millions d’habitants, démographiquement assez comparable à l’Italie, la France ou le Royaume-Uni.

La vie politique des principaux pays étaient jusqu’ici dominée par quatre partis politiques (PSOE & PP du côté espagnol, PS & PSD du côté portugais). Les deux pays ont été touchés de plein fouet depuis 2009 par la crise économique qui sévit au niveau mondial.Les institutions européennes et l’opinion publique ont souvent estimé que ces deux pays étaient les plus proches d’une dégringolade « à la grecque ». Le Portugal a d’ailleurs a été soutenu financièrement par la Troïka (UE, BCE et FMI) en échange d’une cure d’austérité sévère certes, mais peu comparable à celle de la Grèce.

Si la nature et les causes de la crise sont différentes dans ces deux pays, il existe également beaucoup de similarités. L’Espagne a été touchée la première, notamment à cause de l’importante spéculation immobilière et la folie des grandeurs de ses régions et communautés autonomes. Le Portugal a lui pâti d’un tissu économique fragile, très orienté vers les exportations, avec une faible plus-value, avec une main d’oeuvre chère en comparaison des pays asiatiques notamment. Quelques similitudes pourtant: une jeunesse formée ayant de la peine à s’insérer sur le marché du travail, une population vieillissante, un ralentissement de l’immigration et en parallèle, une forte augmentation de l’émigration.

Si cette situation économique sociale et économique est importante, c’est qu’elle a directement influencé la recomposition du paysage politique auquel nous avons assisté ces dernières semaines, alors même que tous s’accordent pour dire que la situation en automne 2015 était meilleure qu’un ou deux ans auparavant, sans pour autant être la panacée (inégalités grandissantes, précarité, etc.).

Au Portugal, en octobre 2015, la droite au pouvoir a perdu sa majorité absolue, une majorité de gauche plurielle dirigée par le Parti Socialiste a pour la première fois vu le jour, avec le soutien du Bloc de Gauche (extrême-gauche), du Parti Communiste et des Verts. Dans un pays habitué à l’alternance politique et à la mise à l’écart de la gauche du PS de tout gouvernement national, cet épisode historique a probablement été poussé par le résultats en nette progression du Bloc de Gauche, qui est passé d’un modeste 4% dans les sondages il y a quelques mois à un résultat électoral de 12%.

L’Espagne de son côté, connaissait davantage encore que le Portugal un système bipartiste. Le PP et Rajoy qui régnaient en maître depuis 2011, savaient dès le départ que cette élection serait particulièrement difficile à gagner. Les doutes qui subsistaient était l’ampleur de la victoire des petits partis et la mathématique électorale. Le pays a donc ressenti ce chamboulement politique de manière doublement plus intense que son voisin, puisque le pays compte désormais 4 grands partis politiques, aucun bloc traditionnel (gauche/droite) n’arrivant à atteindre de majorité absolue et où les autonomistes et indépendantistes peuvent décider des majorités au cas par cas. En Espagne aussi, la surprise est venue de Podemos que beaucoup voyait chuter après ses récents succès dans les scrutins régionaux.

Dans les conséquences secondaires, on peut aussi constater que l’Espagne aura pour la première fois un parti à droite de l’échiquier politique qui contrairement au PP est ouvert sur les questions de société (migrations, avortement, lgbt). Par ailleurs, les partis communistes dans les deux pays de la péninsule ibérique (Izquierda Unida et PCP) sont en train d’être remplacés par des mouvements de rupture, liés davantage à la société civile qu’à l’Etat, où le concept de participation citoyenne remplace celle de lutte ouvrière (Podemos et Bloco de Esquerda). Le succès de ces deux types de partis (droite libérale et gauche citoyenne) est à trouver principalement dans les métropoles (Madrid, Barcelone, Lisbonne, Porto, Valence, Séville et Saragosse) qui représentent à elles seules plus de 20 millions de personnes.

On peut donc sans conteste affirmer que cette recomposition est non seulement liée à la situation exceptionnelle d’austérité qu’ont connu ces deux pays et qui a débouché sur un vote électoral inédit, mais également à une situation sociale difficile des jeunes (qui date et qui n’est certes pas apparue avec la crise) et enfin à une augmentation significative de l’influence des zones urbaines.

Néanmoins dans les deux cas, nombreux s’accordent à dire que l’instabilité actuelle débouchera probablement sur de nouvelles élections au printemps… dans les deux pays en même temps.

Posted: décembre 27th, 2015
Categories: Politique, Portugal
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Le Parti Socialiste portugais prépare une alliance inédite

1280px-Torre_Belem_(Lisboa)Le Parti Socialiste portugais, le parti communiste, les Verts et le Bloc de gauche représentent depuis les élections législatives du 4 octobre 2015 une majorité des députés à l’assemblée nationale. Ils seraient en mesure de déposer une motion de censure conjointe contre la coalition de droite actuellement au pouvoir.

Cette décision qui n’est pas encore prise, est conditionnée à ce qui serait le premier accord gouvernemental écrit (historique) entre le Parti socialiste portugais et la gauche de la gauche.

Depuis les élections du 4 octobre 2015 où la droite (PSD et CDS/PP) l’a emporté mais en y perdant sa majorité absolue, le PS a en effet été poussé par les autres partis de gauche à prendre le pouvoir… du jamais vu, dans un pays où un cordon sanitaire sépare la gauche de la gauche des autres partis politiques. Le Parti Socialiste portugais est avec son homologue espagnol l’un des plus à droite d’Europe occidentale. Ce qui sépare en général les PS et les droites ibériques, ce sont les questions de société (avortement, mariage pour tous, etc.).

Suite aux élections, le Parti Socialiste portugais a entamé des discussions avec la droite afin d’assurer à cette dernière un gouvernement stable pour ces 4 prochaines années. Ces discussions ont rapidement avorté, le PS et le PSD/PP se renvoyant la balle et s’accusant mutuellement d’être coupables de provoquer de l’instabilité.

Le Parti Socialiste qui avait commencé en parallèle des discussions avec la gauche de la gauche a été critiqué par la plupart des médias qui sont jusqu’à aller considérer que ces discussions à gauche annonçaient un véritable coup d’état et que l’électeur n’avait pas été prévenu, durant la campagne, d’une possible union post-électorale des forces de gauche.

Si ces discussions préliminaires avaient été contestées au sein de l’aile droite du PS, de nombreux députés voyant d’un mauvais œil cette alliance inédite avec la gauche de la gauche, tout a changé depuis la semaine dernier, avec le discours du Président de la République (droite) qui a finalement demandé à la droite de gouverner. Cavaco Silva, très offensif pour l’occasion, est en effet sorti de son rôle de Président et de sa traditionnelle réserve en critiquant les discussions actuelles entre le PS et la gauche de la gauche. Il est jusqu’à aller affirmer qu’en cas de motion de censure de la gauche contre la droite, il n’accepterait en aucun cas un gouvernement composé « de forces anti-européennes et anti-OTAN » qui mettraient à mal la très timide reprise économique portugais. Le Président de la République est par ailleurs dans une situation inconfortable: il a actuellement le pouvoir de nommer le chef du gouvernement mais ne peut plus convoquer de nouvelles élections d’ici la fin de son mandat (impossibilité avant 6 mois).

Le programme du gouvernement de la coalition de droite sera discuté les 9 et le 10 novembre. Le Parti Socialiste portugais, le PC, les Verts et le Bloc de gauche veulent présenter leur programme avant déposer leur motion de censure à cette occasion. Les discussions ne sont pas finies à gauche et laissent un léger espoir à la droite qui vient à peine de présenter les membres de son gouvernement.

Tout reste ouvert, mais le Portugal n’a jamais été si proche d’avoir un gouvernement PS soutenu par la gauche de la gauche. Antonio Costa arrivera-t-il à faire tomber « le rideau de fer » entre le PS et la gauche de la gauche au niveau national, comme il l’a fait à l’époque à la tête de la Mairie de Lisbonne?

Posted: octobre 29th, 2015
Categories: Genève, Politique, Portugal
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Une manifestation dégénère et cette voiture…

Par le biais d’un communiqué de presse diffusé sur le blog de Eric Stauffer, le MCG accuse « Les Verts, Solidarité et le Parti du Travail (PDT) de porter une lourde responsabilité dans la mise à sac de Genève », suite à la manifestation contre l’OMC qui a eu lieu le samedi 28 novembre. Cette provocation du parti  antifrontaliers  ignore volontairement plusieurs éléments. Il oublie par ailleurs de citer la présence du PS et d’autres mouvement d’agriculteurs.

En consultant les photographies prises par Antoine Grosjean sur la Tribune de Genève, on voit une voiture immatriculée en France en train de brûler. Tiens voilà un élément qui a dû échapper à Eric Stauffer, il aurait sûrement été moins critique!

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Posted: novembre 29th, 2009
Categories: Fun, Genève, Politique
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Une majorité rose-verte et alternative au Conseil d’Etat

Cela ne surprendra personne, j’ai voté compact pour la liste de l’Alternative au Conseil d’Etat. Il me semble important de rééquilibrer la majorité du Grand Conseil par une majorité rose-verte à l’exécutif. En 4 ans, l’exécutif précédent a mené une politique équilibrée, de consensus, qui a certes provoqué des frustrations à gauche mais qui a permis de sauver les meubles. David Hiler a fait clairement ses preuves: sa réélection ne fait de doute pour personne. Il est maintenant temps d’élire la première femme verte au Conseil d’Etat, pour succéder à Robert Cramer: Michèle Künzler. Sa vision de l’aménagement, sa volonté de faire du participatif dans le domaine du logement sont des atouts indispensables qui font particulièrement défaut actuellement à Mark Müller. J’en veux pour preuve la gestion du secteur Praille-Acacias-Vernets qui ne satisfait ni la gauche ni la droite.

Jusqu’à dimanche, vous avez la possibilité de corriger et de rééquilibrer les rapports de force qui ont suivi l’élection du Grand Conseil le 11 octobre dernier, en votant pour David Hiler, Michèle Künzler, Charles Beer et Véronique Pürro!

 

Posted: novembre 10th, 2009
Categories: Genève, Politique
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Véronique Pürro: quitte ou double…

Le 5 novembre dernier, lors de la prestation serment du nouveau parlement cantonal, le bureau du Grand Conseil a annoncé que Véronique Pürro avait renoncé à son siège de députée. La Tribune de Genève (voir l’article) et le Temps (voir l’article) ont ensuite rapidement repris cette information en ajoutant que celle-ci risquait de tout perdre si elle n’était pas élue au Conseil d’Etat. Plusieurs commentaires lui reprochait d’être trop sûre d’être élue.

Il est surprenant que personne ne fasse l’écho de la véritable raison pour laquelle elle a renoncé à son siège: cette dernière a été élue pour la première fois au Grand Conseil en 1997. Les statuts du Parti socialiste genevois ne permettent pas d’ « être candidat-e au Grand Conseil (…) pour un quatrième mandat consécutif ». Cette dernière aurait donc de toute façon été obligée de quitter le parlement.

Posted: novembre 9th, 2009
Categories: Genève, Politique, Suisse
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