Le train, l’exposition et moi

Mon « périple » européen a commencé par un trajet tout ce qu’il y a de plus classique: ma mère qui pleure sur le quai de la gare, un ICN Genève-Bâle plein à craquer, des adolescents qui habitent à Delémont et bien entendu la parfaite et classique famille suisse-alémanique qui mange des sticks de carottes crues préalablement coupés à la maison.

La surprise est plutôt venue de mon arrivée à Bâle où je devais prendre pour la première fois un train-couchette. Autant le dire tout de suite, j’ai mal dormi: du bruit tout le temps, des arrêts fréquents, des gens dans les couloirs, etc. Alors que la plupart des gens me disaient: « c’est génial, tu vas voir, tu vas rencontrer des gens formidables dans les trains »: je suis tombé dans le même compartiment qu’une habitante de Fribourg-en-Brisgau qui, au vu de sa joie de vivre, ne devait pas faire du participatif dans le quartier Vauban. Dans la décroissance du sourire peut-être.

Ce qui était par contre beaucoup plus plaisant, ce fut l’arrivée du train à Berlin. Je me suis rendu compte que mon voyage commençait à ce moment là.

Aussi, dès mon arrivée à l’auberge de jeunesse où j’ai laissé mes bagages, je me suis rendu dans les endroits touristiques comme pour « faire ce qu’il y avait faire » dès le premier jour: la porte de Brandebourg, la coupole du Reichstag (fermée pour des raisons sécuritaires) et même deux musées. Je suis tout d’abord allé au Musée Willy Brandt qui avait une exposition spéciale sur l’identité allemande (pour se mettre dans le bain) puis au Musée de l’Histoire allemande. J’ai pu découvrir dans ce dernier une exposition provisoire incroyable sur le rapport qui existait entre Hitler et le peuple allemand et sur la manière dont il s’est construit. Je me suis dit qu’il intéresserait sans doute Emilie.

L’exposition était complète, mais ce qui m’a troublé était sans doute l’ambiance pesante qui y régnait. Il y avait énormément d’Allemandes et d’Allemands pour un samedi dans ce musée ultra-moderne. J’avais vu un reportage en Suisse qui disait que cette exposition avait brisé un tabou en Allemagne en affichant de manière si claire le Führer. L’exposition a eu un tel succès qu’elle a été prolongée d’un mois! J’étais autant fasciné par l’exposition que par les gens qui la visitaient: une grand-mère qui montrait à sa petite-fille une affiche électorale, des jeunes bobos allemands silencieux, des tatoués aux cranes rasés aux réactions suspectes, etc.

Une photo m’a touchée, elle ouvre d’ailleurs l’exposition. On y voit Hitler, légèrement illuminé par un spot, au milieu d’une foule d’Allemands qui manifestaient en 1914 à Münich. Bien que rien ne prouve qu’il s’agisse d’une vraie (le journal qui l’a publié l’a peut-être manipulée), elle est très troublante car elle résume l’essentiel de l’exposition: comment un homme si banal au début de sa vie, a pu entraîner son pays dans telles atrocités?!

Posted: février 19th, 2011
Categories: Quotidien, Voyage
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Comment from Deborah - 21 février 2011 at 9:55

Je déduis du récit de ta nuit en train que tu ne seras pas tenté par un Moscou-Vladivostok en transsibérien…

On se réjouit de lire la suite de tes aventures!

Deborah.

PS http://fr.wikipedia.org/wiki/Quartier_Vauban_de_Fribourg-en-Brisgau pour ceux qui comme moi ne connaissaient pas, n’étant pas des « grün » avertis :-)

Comment from Diego - 21 février 2011 at 10:01

Hello el Miguel,

Te voilà donc en escapade berlinoise. Je remarque que tu ne perds pas de temps: à peine sorti du train et les musées t’accueillent à bras ouverts. Une occasion de te conseiller (très vivement) le Musées Juif (http://www.jmberlin.de/main/Kurzinfo/francais.php), qui est une grande réussite, ne serait-ce que d’un point de vue architectural. De même que le musée ethnographique de Dalhem, si tu es adeptes des Arts Premiers: exceptionnel!

Je file boucler mon déménagement; raison pour laquelle j’écourte mon message. Mais je me réjouis de te lire!!!

Profite de tout et sois heureux!

Diego